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/R E P R I S E -- Que font les partis politiques pour soutenir l'école montréalaise? - Les profs de Montréal crient à l'aide/

MONTRÉAL, le 21 nov. /CNW Telbec/ - Les présidences des trois syndicats de l'enseignement de l'île de Montréal, Mme Nathalie Morel de l'Alliance des professeures et professeurs de Montréal (APPM), Mme Andrée Aubut du Syndicat de l'enseignement de l'Ouest de Montréal (SEOM) et M. Luc Ferland du Syndicat de l'enseignement de la Pointe-de-l'Île (SEPI) interpellent les partis politiques, les candidates et candidats des circonscriptions montréalaises sur les moyens qu'ils entendent mettre en place pour soutenir l'école publique montréalaise.

Confrontés aux problèmes grandissants liés au nombre plus élevé qu'ailleurs au Québec d'élèves en difficulté intégrés dans les classes régulières, aux taux croissants d'élèves et de parents ne maîtrisant pas les rudiments de la langue française, sans compter les effets dévastateurs de la pauvreté dans la Métropole, les enseignantes et enseignants de Montréal signalent l'urgence d'agir pour permettre l'égalité des chances de réussite aux élèves montréalais.

Au lendemain des États généraux sur l'éducation en 1995-96, le Programme de soutien à l'école montréalaise (PSEM) avec son budget de 10 millions de dollars visait à offrir des services éducatifs adaptés aux élèves des écoles les plus défavorisées de l'Île. L'objectif était alors de combler l'écart au niveau du développement ou des apprentissages qui les séparait des élèves des autres régions du Québec. L'initiative amorcée en même temps que la réforme du curriculum avait été saluée par tous les profs des commissions scolaires de l'Île. Depuis, les budgets n'ont pratiquement pas changé et la mission du PSEM a dévié de façon importante faisant en sorte qu'ils ne comblent qu'en partie les besoins de services dans moins de la moitié des écoles défavorisées de la Métropole.

"Il est urgent d'agir pour augmenter les budgets dédiés au programme et ramener le PSEM à sa mission initiale de soutien aux écoles défavorisées de Montréal en priorisant des services directs aux élèves au lieu de soutenir l'implantation de la réforme. La condition enseignante se dégrade d'année en année. Ils réclament davantage l'autonomie professionnelle. Ce qu'il faut pour les soutenir, c'est d'aider les élèves en difficulté dans leur classe, comme le PSEM faisait à l'origine de son implantation", affirment les présidences des syndicats de l'ouest, du centre et de l'est de Montréal.

Pendant des années, le PSEM a permis, de concert avec l'Opération solidarité du Comité de gestion de la taxe scolaire de Montréal, d'implanter des maternelles pour les élèves de quatre ans dans les milieux défavorisés ou d'embaucher des enseignantes et enseignants en adaptation scolaire (aussi nommés enseignants-orthopédagogues), d'ouvrir des classes d'accueil et des services de francisation pour les néo-québécois ou encore de faciliter l'organisation de sorties culturelles en assumant tous les frais reliés à la visite d'un musée, par exemple.

Les porte-parole de quelque 14 000 profs des écoles primaires, secondaires, des centres de formation professionnelle et des adultes de Montréal réclament donc que les partis politiques se prononcent sur la stratégie en trois axes qu'ils proposent : la prévention (ouverture massive de maternelles 4 ans), l'intégration (sociale et linguistique par une augmentation des séjours en classes d'accueil et de classes de francisation aux adultes) et l'intervention (l'embauche de personnel supplémentaire pour aider les élèves en difficulté).

L'intervention précoce fait consensus au Québec depuis plus de 15 ans comme étant la méthode la plus efficace pour prévenir les difficultés d'apprentissage ou combler les retards de développement. La maternelle 4 ans implantée à Montréal dans les années 1990, notamment par le PSEM, pour justement permettre aux jeunes de milieux défavorisés de Montréal de rattraper ces retards est sous l'effet d'un moratoire depuis le début de la décennie. "Sur le territoire de la Pointe-de-l'Île, il n'y a que trois écoles qui offrent ce service aux jeunes de l'est de Montréal. Depuis cinq ans, on ouvre ces classes partout, à Québec, en Montérégie, en Estrie, mais aucune nouvelle classe n'a été ouverte depuis huit ans à Montréal. Les petits Montréalais dans les secteurs de Pointe-aux-Trembles, du Centre-Sud ou de LaSalle en auraient pourtant grand besoin. L'étude sur la maturité scolaire des Montréalais préparée par la Direction de la santé publique de Montréal est fort révélatrice à ce sujet," de commenter M. Ferland.

"Au chapitre de l'intégration linguistique, le français affiche de nouveaux reculs d'année en année à Montréal. Non seulement nous ne pouvons plus recommander de prolonger le séjour en classe d'accueil pour plus de 10 mois pour un jeune élève qui ne maîtrise pas encore la langue française, mais nous devons élargir l'offre de services à l'apprentissage du français pour tous ceux et celles qui ne le maîtrisent pas. Le ministère de l'Éducation doit être le maître d'?uvre de ces services à offrir dans les écoles et les centres d'éducation des adultes," d'ajouter Mme Morel.

La situation n'est pas plus rose en ce qui concerne les élèves en difficulté d'apprentissage et la possibilité d'embaucher des ressources supplémentaires pour les aider. "Non seulement les budgets sont insuffisants, mais le nombre d'écoles considérées défavorisées est en croissance depuis quelques années. Une centaine d'écoles sont admissibles pour se partager environ 10 M$ de dollars. Il faudrait en ajouter au moins une autre cinquantaine et augmenter les budgets au moins du double pour embaucher de toute urgence des enseignants en orthopédagogie dans ces écoles. Les écoles privées à Montréal, plus que partout ailleurs, nous privent de plusieurs élèves sans difficulté. Les allocations versées à ceux-ci pourraient être bien utiles pour aider les plus démunis. L'État devrait donc compenser l'école montréalaise en réduisant les subventions accordées aux écoles privées pour les transférer aux écoles publiques de Montréal," de poursuivre Mme Aubut.

Les enseignantes et enseignants francophones de Montréal interpellent donc les candidates et candidats montréalais pour qu'ils prennent position sur ces enjeux. De plus, il est urgent que les budgets soient considérablement majorés et que la mission du Programme de soutien à l'école montréalaise soit recentrée sur son objectif initial : permettre l'égalité des chances de réussite aux élèves montréalais en leur offrant des services éducatifs, directs et exclusifs pour qu'ils comblent l'écart avec les élèves des autres régions en matière de développement, de maturité, de difficulté d'apprentissage et de décrochage scolaire.

Sujet:
Travail / Personnel

Communiqué envoyé le 2008-11-21 09:30:00 et diffusé par: