 |
|  |
Santé et services sociaux - La FSQ-CSQ demande aux chefs politiques de s'engager à améliorer les conditions de travail
MONTRÉAL, le 21 nov. /CNW Telbec/ - "Les infirmières, de même que l'ensemble des travailleuses et des travailleurs de la santé, n'ont pas besoin de se faire acheter en campagne électorale. Ce qu'elles veulent, ce n'est pas que de l'argent, mais que les chefs politiques s'engagent publiquement et sincèrement à prendre les moyens qui s'imposent pour améliorer des conditions de travail qui sont devenues inhumaines, et qui laissent les politiciens indifférents lorsqu'il n'y a pas d'élection dans l'air."
C'est en ces termes que Mme Monique Bélanger, présidente de la Fédération de la santé du Québec (FSQ-CSQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), avertit les chefs politiques de ne pas perdre leur temps à multiplier les promesses aux travailleuses et aux travailleurs de la santé si c'est pour les renier une fois la campagne électorale terminée, comme cela a trop souvent été le cas par le passé.
"Jean Charest a bien beau prétendre que pour lui la carrière d'infirmière est l'une des plus importantes au Québec, les solutions qu'il propose pour améliorer le sort de ces travailleuses de la santé démontrent qu'il n'a rien compris. L'argent, c'est toujours agréable à recevoir mais, avant tout, les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes veulent des conditions de travail décentes", explique Mme Bélanger.
Le droit à une vie normale et plus équilibrée
La présidente de la FSQ-CSQ précise que si c'est vraiment l'argent qui prime pour les travailleuses et les travailleurs de la santé, comme semble le croire Jean Charest, alors ils accepteraient de faire du temps supplémentaire aussi souvent qu'on leur demande, ce qui n'est pas le cas.
"C'est justement le contraire qui se passe. Les travailleuses et les travailleurs sont fatigués d'être constamment sollicités pour faire des heures supplémentaires. Ils sont épuisés et ils veulent avoir droit à une vie normale et plus équilibrée, ce qui est malheureusement devenu rare dans le secteur de la santé", dénonce Mme Bélanger.
Des primes ciblées qui entretiennent l'insatisfaction
Mme Monique Bélanger précise que si le gouvernement veut augmenter les salaires en santé, qu'il agisse de façon équitable pour l'ensemble des travailleuses et des travailleurs.
"L'offre de primes aux infirmières et infirmiers lors de leurs trois premières années dans la profession ou en fin de carrière, comme les Libéraux le proposent, ne fait qu'entretenir l'insatisfaction et la frustration chez l'ensemble de nos membres. Pourquoi les autres n'y auraient pas droit également ? La tâche n'est pas moins lourde et tous doivent démontrer le même professionnalisme", rappelle la présidente de la FSQ-CSQ.
Une proposition intéressante
Mme Bélanger précise que le seul aspect véritablement intéressant des propositions libérales en matière de santé est l'engagement d'assurer 60 % de postes d'infirmières à temps complet.
"Nous répétons cette demande aux tables de négociation depuis des années et jusqu'à présent, le gouvernement s'était contenté de nous répondre par des lois spéciales comme il l'a fait en décembre 2005. C'est curieux qu'il ait fallu attendre une campagne électorale pour que Jean Charest semble enfin "voir la lumière"... Il y a de quoi s'inquiéter de ses intentions réelles une fois l'élection passée", mentionne la présidente de la FSQ-CSQ.
Des solutions bien connues du personnel
En fait, Mme Bélanger soutient que les solutions pour améliorer la situation dans le secteur de la santé et des services sociaux sont bien connues du personnel, ainsi que de leurs représentantes et représentants syndicaux, mais il n'y a malheureusement pas de volonté politique d'écouter et de les appliquer.
"Plusieurs solutions concrètes ont été soumises lors des dernières négociations, mais cela ne semblait pas intéresser les représentants du gouvernement Charest. Nous sommes d'ailleurs disposés à reprendre la discussion à ce sujet en tout temps avec le prochain gouvernement", déclare Mme Bélanger.
Une écoute qui ferait une grande différence
Dans cet esprit, Mme Bélanger applaudit l'intention de la chef du Parti Québécois, Pauline Marois, de placer les professionnels de la santé au c?ur des décisions du réseau.
"Si Pauline Marois entend par là qu'elle veut se mettre à l'écoute aussi bien des travailleuses et des travailleurs que des médecins, alors nous lui disons bravo parce que personne ne connaît mieux le réseau que nos propres membres. Il ne fait aucun doute que si nous avions enfin un gouvernement qui se donnait la peine de nous écouter, il s'agirait là d'un important changement et d'un pas important dans la bonne direction", explique Mme Bélanger.
Prudence avec les Groupes de médecine familiale
D'autre part, la présidente de la FSQ-CSQ met un bémol sur la volonté des chefs politiques d'augmenter les Groupes de médecine familiale (GMF) afin de permettre à l'ensemble des Québécoises et des Québécois d'avoir accès à un médecin de famille.
"Les GMF n'ont pas été à la hauteur des résultats escomptés puisque souvent, lorsqu'une clinique devient un GMF, elle n'est pas plus en mesure d'accueillir de nouveaux patients puisqu'elle est déjà complète. Nous nous interrogeons également sur les responsabilités qui sont confiées aux infirmières et aux infirmiers dans un GMF. Il serait donc approprié de faire une sérieuse évaluation des GMF avant d'aller plus loin avec ce concept", prévient Mme Bélanger.
Une plus grande ouverture au privé rejetée
Quant à la proposition du chef de l'Action démocratique du Québec de faire une plus grande place au privé dans le secteur de la santé, notamment en permettant aux médecins de pratiquer au public en même temps qu'au privé, la présidente de la FSQ-CSQ croit que cela ne tient pas la route.
"Mario Dumont suggère qu'on impose aux médecins l'obligation de faire un nombre d'heures minimales de pratique dans le secteur public avant de pouvoir travailler au privé. Toutefois, qui fera la surveillance et qui obligera un médecin récalcitrant à se conformer à ce qui est demandé ? L'époque de la "petite école" est révolue depuis longtemps", conclut Mme Monique Bélanger.
Profil de la CSQ et de la FSQ-CSQ
La Centrale des syndicats du Québec représente quelque 155 000 membres, dont plus de 100 000 dans le secteur public, la grande majorité dans le secteur de l'éducation. Elle est présente dans les secteurs de la santé et des services sociaux, des services de garde, du municipal, des loisirs, de la culture, du communautaire et des communications. La FSQ-CSQ représente près de 7000 infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et puéricultrices travaillant dans des établissements de tous les secteurs de la santé : CHSLD, CH, CLSC, centres de réadaptation, dispensaires, régies régionales, établissements privés conventionnés et Héma-Québec.
Sujet:
Campagnes politiques
Communiqué envoyé le 2008-11-21 11:48:00 et diffusé par:
|
| |
|
|  |